Eloge du papier

Publié le par odile Biger

 

Aujourd'hui, tous les contenus se numérisent à commencer par l'écrit.  Conséquence de cette évolution inéluctable, on évoque de plus en plus souvent la disparition du média "papier'" au profit d'écrans souples et pliables sur lesquels serait restituée toute la connaissance jusqu'ici renfermée dans des livres et désormais emprisonnée dans de minuscules puces électroniques.

 

Nos journaux et nos livres sont-ils donc entrain de vivre leurs dernières heures ?

 

J'espère bien que non!  Car si, comme des millions d'internautes, je suis devenue totalement "accro" du Web et de toutes ses applications (mail, blog, moteurs de recherche, encyclopédies...) je crois être encore plus attachée au papier et j'aurais bien du mal à me passer du plaisir de feuilleter un journal ou de respirer l'odeur si caractéristiques des bibliothèques.

 

J'apprécie l'ordinateur pour son coté pratique, immédiat et pour la profondeur de l'information qu'on y trouve. J'ai remplacé mon stylo par le clavier et l'écran pour la plupart de mes écrits. Mais le papier reste mon compagnon préféré pour découvrir un auteur, pour lire les écrits de quelqu'un qui m'est cher ou pour "fouiner" à la recherche d'un article intéressant.

 

Lire un journal, une lettre, un livre c'est une promenade et un plaisir qui n'ont rien à voir avec la consultation d'un écran et je ne parle même pas des petits mots, laissés ici ou là par des amis, mon mari, mes enfants que je lis, relis et conserve précieusement pour m'y replonger de temps en temps (j'ai essayé avec les SMS mais ça n'est pas du tout pareil!).

 

Alors que l'écran est neutre et froid, Le papier a sa vie, sa personnalité, son caractère.

 

Je ne sais pas si c'est une question de génération et si les plus jeunes, habitués qu'ils sont à l'ordinateur depuis leur plus jeune âge, sont aussi sensibles à cette sensualité du papier.

 

En attendant, je serais bien triste si, comme le décrivent de nombreux ouvrages de Science Fiction, tous les livres et les journaux étaient condamnés à moyen terme à la relégation à perpétuité dans les musées!

 

Et, pour terminer cette éloge en bonne compagnie, que diriez vous d'une ballade dans "les petits papiers "de Serge Gainsbourg  (sans Régine) ?

 Laissez parler
Les p'tits papiers
A l'occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard

Vous consoler

Laisser brûler
Les p'tits papiers

Papier de riz
Ou d'Arménie
Qu'un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

Un peu d'amour
Papier velours
Et d'esthétique
Papier musique
C'est du chagrin
Papier dessin
Avant longtemps

Laissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c'est du vent

Machin Machine
Papier machine
Faut pas s'leurrer
Papier doré
Celui qu'y touche
Papier tue-mouches
Est moitié fou

C'est pas brillant
Papier d'argent
C'est pas donné
Papier-monnaie
Ou l'on en meurt
Papier à fleurs
Ou l'on s'en fout

Publié dans billet d'humeur

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D
J'espère bien que le papier ne disparaitra pas. Comment apprécier un bon livre autrement que sur du papier ?Je ne m'imagine pas cliquer pour avancer plutôt que de tourner les pages.Réactionnaire ? sans doute, mais j'assume.Et je ne me vois pas avec mon portable le soir au lit !
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C
Bravo !Le papier...les livres, sans cesse brûlés et toujours recommencés !A propos de papier, connais-tu la société Arctic Paper, d'origine suédoise, mais avec une filiale en France, et qui bénéficie du label de fscvoir http://www.fsc.orget le site d'Arctic http://www.arcticpaper.comAmicalement !
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O
ravie de ta visite . les petits papiers nous font donc un point commun en plus ...
Amitiés
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D
Odile,
Je suis ravie de voir que tu adores aussi les p'tis papiers, cela n'a rien d'anacronique, c'est du pur plaisir ! Est-ce que parler de bons vieux bouquins peut paraître border-line à certains ? Sait-on jamais alors merci pour ton billet et pour la chanson. Je pars à la redécouverte de ton blog...
Amitiés,
Dorota
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